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Cité dans les prédictions de Nostradamus, peint par Van Gogh, évoqué par Simone de Beauvoir, le Mas de la Dame produit vins et huile d’olive depuis quatre générations…

Depuis les temps les plus anciens, vignes et oliviers ont poussé côte à côte dans la vallée des Baux, comme en témoigne la reconstitution de la vie quotidienne depuis l’Antiquité permise grâce aux vestiges de Glanum, cette ville antique découverte par les archéologues à St Rémy de Provence.

Par un matin ensoleillé de 1903, de passage dans la région, Auguste Faye, négociant Bourguignon, a un coup de foudre pour ce vieux mas noyé dans les vignes au flanc des rochers blancs.

Une douzaine d’années plus tôt, Vincent Van Gogh avait, lui aussi, était ébloui par cette lumière si particulière et s’était arrêté au bord de la route pour en peindre la façade Est alors qu’il séjournait au Cloître Saint Paul à quelques kilomètres.

Auguste Faye aime venir chasser lapins et perdrix dans ces collines de thym, emmenant son plus jeune fils. Quelques années plus tard, c’est lui, Robert, qui décidera de restaurer la maison laissée à l’abandon, où trône un antique moulin à huile et qui, dans les archives, retrouve la trace d’Hélène Hugolène, la Dame de Fos, propriétaire du domaine au XVème siècle qui lui a donné son nom.

Convaincu du potentiel de ce terroir, il plante les alentours, alternant parcelles de vignes et d’oliviers. Il arrache les vignes moins qualitatives et procède à de sérieuses études de terrain et d’adaptation des cépages. Les plantations se font à l’ancienne, voire en implantant plusieurs cépages sur une même parcelle afin de mieux mesurer leur adaptation.

Ainsi naît le premier domaine viticole et oléicole de la Vallée des Baux.

Interrompu par la seconde guerre mondiale, il poursuit son œuvre à son retour, et entreprend la construction d’une cave avec des cuves en ciment puis d’une chaîne d’embouteillage intégrée, une première dans cette région.

Les premières bouteilles du Mas de la Dame, reconnaissables à leur forme ventrue empruntée à celle du Calvados, font leur apparition sur les tables de la région.

Simone de Beauvoir la remarque et raconte dans son livre « la Force de l’Age » : « Le vent soufflait sur les Baux quand j’y arrivai… Un feu crépitait dans la cheminée de la Reine Jeanne où nous étions les seuls clients. Nous dînâmes à une petite table tout près de l’âtre en buvant un vin dont je me rappelle encore le nom, le Mas de la Dame. »

1956 : L’appellation d’origine VDQS Coteaux des-Baux-de-Provence est officiellement reconnue.

En 1972, La Réserve 1968 et le Rosé 1970, les deux vins du domaine, sont exclusivement servis à la Reine d’Angleterre lors d’un déjeuner à la Régalido à Fontvieille. Les premières bouteilles de Rosé sont exportées à New York.

Robert Faye continue de défricher et de planter…

D’autres pionniers viennent le rejoindre et les Coteaux des Baux entrent dans l’Appellation d’Origine Contrôlée d’Aix en Provence en 1985. L’article 2 prévoit la dénomination « Les-Baux-de-Provence » pour les vins issus de raisins récoltés sur les 8 communes des Alpilles.

Epaulé par ses filles et son gendre, Robert Faye renforce la notoriété du Mas de la Dame qui s’étend désormais bien au-delà de la région.

Jacques et Jacqueline Chatin lui succèderont. Cherchant à rehausser la qualité, ils créent une nouvelle cuvée vieillie en fûts de chêne. C’est la naissance de La Stèle.

Enfin, en 1995, l’AOP Les-Baux-de-Provence naît grâce à la volonté commune des vignerons des Baux de mettre en avant ce terroir très spécifique.

Cette même année, Anne Poniatowski et Caroline Missoffe prennent la suite de leurs parents à la tête du domaine, prêtes, à leur tour, à poursuivre cette belle histoire de famille..